Son penchant à s’endormir en studio lui a valu le sobriquet de « dormeur ». Mais pas de « fainéant ». Car Horace Andy, non content de collaborer avec la scène trip-hop british, sort fréquemment de ses siestes réparatrices pour graver des albums sous son nom. Et comme Horace connait des gens, il s’adjoint les services de quelques pointures (notamment Leroy « Horsemouth » Wallace aux baguettes) et booke des sessions dans des lieux aussi mythiques que les studios Duke Reid ou Tuff Gong. Plus roots, c’est que tu connais personnellement Hailé Sélassié. A la fois soldat prosélyte de la doctrine rastafarienne et représentant des heures fastes de la musique de Jah, Andy ne s’éloigne jamais trop des préceptes originels. Ni surplus d’arrangements, ni instruments rejoués sur synthés cheap, juste un reggae légèrement cuivré, relevé de quelques choeurs féminins, et bien sur cornaqué par le vibrato mysticorieur du maître des lieux. Du pur, clos par une version dub qui ne gâte rien.